Funérailles du frère José Munoz,
gardien de l'Icône d'Iviron de Montréal
1° anniversaire de sa mort-martyre le 30/10/1997

"Dieu est admirable dans Ses saints"

« /.../ Les funérailles du frère José Munoz qui se sont déroulées ici, à Jordanville, le 11 novembre furent, évidemment, l'événement essentiel ayant eu lieu en mon absence. J'ai entendu de très nombreux récits sur ce qui fut un si grand choc pour tout le monde. Lorsque le cercueil fut amené, deux de nos sœurs se trouvaient dans l'église. L'une d'elles était très proche du frère José, qui lui avait un jour révélé avoir été secrètement tonsuré rassophore sur le Mont Athos. Il n'était pas prévu d'ouvrir le cercueil, mais un homme pieux, gérant d'une entreprise de pompes funèbres à Philadelphie, dit qu'il convenait de vérifier s'il s'agissait bien du corps du défunt.

C'est alors que Vladyka Lavr fit ouvrir le cercueil et commença à couper avec des ciseaux le sac en plastique dans lequel reposait le corps de frère Joseph. Nos sœurs qui se tenaient tout à côté, sentirent alors s'élever une odeur de parfum. Douze jours après son assassinat,

il n'y avait pas le moindre signe de corruption ! Son visage restait étonnamment vivant et changeait même parfois d'expression. Lorsque sa sœur, qui lui était proche, s'approcha de lui, il souriait. Ces transformations étonnantes (car, par la suite, au cours de l'office, son visage exprimait la souffrance et la tristesse) ont été fixées sur des photos. Sur l'une d'elles on peut voir très nettement une croix découpée sur sa joue. Sur ses mains, des traces effrayantes de cordes, sur un doigt est même resté du fil de fer qui s'est incrusté profondément dans sa peau. D'autres traces de tortures : une tache ressemblant à une brûlure de courant électrique ... Je ne peux pas tout décrire, et je suis loin de tout savoir, mais une chose est certaine : le frère Joseph a été affreusement martyrisé. Dix-huit prêtres concélébraient, l'église était pleine comme pour Pâque, et tous ressentaient un sentiment pascal ou comme lors d'une glorification. Il est indéniable que la Mère de Dieu a glorifié d'une mort de martyre son fidèle serviteur ...

Frère Joseph a été inhumé près de l'église de la Dormition de la Mère de Dieu ... Vraisemblablement, il avait dû recevoir une indication et il devait faire ce qu'il a fait. Naïvement, de façon terrestre, nous nous étions habitués à ce miracle inimaginable qui, quinze années durant, s'est manifesté dans ce monde déchu, indigne de lui ... Mais la Mère de Dieu ne nous a pas laissés totalement sans consolation ! Une copie de l'Icône s'est mise à exsuder du myron. Durant le Congrès de la jeunesse orthodoxe au Brésil, un prêtre de là-bas avait proposé au frère Joseph d'offrir une châsse neuve pour l'Icône : ce prêtre décida de garder précieusement l'ancienne châsse qui avait contenu l'Icône miraculeuse, et il mit à l'intérieur une photocopie en couleur, d'une dimension tout à fait identique à l'original, sur du papier fin et même en deux parties collées, et il donna une nouvelle châsse pour l'Icône. Tout ceci vient tout juste de se passer, cet été. Et voilà que cette copie s'est elle aussi mise à exsuder du myron ! Pas avec la même abondance que l'Icône authentique, mais néanmoins parfois, comme récemment à Montréal, autant qu'Elle. /.../»

[Extrait d'une lettre de la moniale M.]

Publié dans Pravoslavnoe Obozrenie n° 1,1997, Saint-Pétersbourg, p. 2

Traduction : Protodiacre Germain Ivanoff-Trinadtzaty

 

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