Ordre et explication de la Sainte Liturgie.

2ème partie : liturgie des catéchumènes (1).

Suite à l'accomplissement de la proscomédie, la Sainte Eglise prépare les fidèles à assister dignement à l'accomplissement du Mystère de la Communion. Préparer les fidèles, leur rappeler la vie et les souffrances de Jésus Christ, leur expliquer comment et pourquoi la vie et les souffrances du Sauveur peuvent être salvatrices, voilà ce qui compose l'objectif et le thème dominant contenus dans la deuxième partie de la liturgie, la liturgie des catéchumènes.
La deuxième partie de la liturgie s'appele la liturgie des catéchumènes parce qu'assistent aussi à son accomplissement les catéchumènes ( les "enseignés") - c'est-à-dire ceux qui se préparent à recevoir le saint baptême - les pénitents et également ceux qui sont écartés de la sainte communion. (2)
Comment cet objectif de la liturgie se réalise-t-il ? Pour comprendre ce qui doit répondre à la question posée, il est indispensable de bien rappeler que son thème principal est révélé dans la liturgie par trois moyens complémentaires les uns des autres :
- Par les prières lues à haute voix ou chantées
- Par les actes visibles, les rites sacrés
-  Par les prières secrètes du prêtre, que l'observateur extérieur ne peut saisir.
Ici et là, dans les prières prononcées à haute voix et dans celles qui sont secrètes, il est rappelé aux fidèles les caractéristiques de la prière chrétienne, les divers bienfaits de Dieu envers les hommes et le plus important d'entre eux, l'apparition du Sauveur; ensuite sont rappelées les qualités par lesquelles doivent se distinguer ceux qui croient en Jésus Christ et sont demandées les miséricordes pleines de grâce pour le temple et ceux qui y prient. Là aussi, dans la liturgie des catéchumènes, les fidèles sont invités à prier avec particulièrement d'ardeur pour le Souverain, pour les proches défunts et également pour les gens qui ne se sont pas encore tournés vers le christianisme. Portant encore notre attention sur la présence dans le contenu de la liturgie de prières (secrètes) et sur la nécessité de les prendre en considération pour connaître les composantes de la liturgie, passons à l'examen successif de ce qui compose la liturgie.
Composition générale de la liturgie des catéchumènes.
Ayant accompli la proscomédie, le prêtre, les mains élevées, prie le Seigneur d'envoyer sur les célébrants l'Esprit Saint; que l'Esprit Saint "descende et demeure en lui" et que le Seigneur ouvre ses lèvres pour qu'il célèbre Sa louange.
Ecphonèse du prêtre et du diacre.
Le diacre ayant reçu du prêtre la bénédiction, sort du sanctuaire, se tient sur l'ambon et prononce d'une voix forte : "Bénis, Maître" ce qui veut dire : "Bénis, Maître, le fait de commencer l'office et pour ceux qui se rassemblent dans le temple de prendre part à la glorification de Dieu dans la prière". En réponse à cette ecphonèse du diacre, le prêtre, faisant sur l'autel avec l'Evangile le signe de la croix, proclame : "Béni soit le règne du Père, du Fils et du Saint Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles". Voilà la première manifestation de la louange du Seigneur qui jaillit de la bouche du prêtre.
Grande ecténie.
Ensuite le diacre prononce la grande ecténie, dans laquelle il énumère en détails les besoins chrétiens et les personnes pour lesquelles nous prions et sont énumérées nos demandes au Seigneur. Le prêtre dans le sanctuaire ne reste pas sans participer à la prière commune. Il prie secrètement que le Seigneur jette Son regard sur ce temple et sur les gens qui y prient et qu'il les remplisse de Ses largesses et Sa riche miséricorde. Cette prière s'achève par l'ecphonèse : "Car à toi appartient toute gloire ..."
Les typiques et les antiphones de fête.
Pour renforcer l'espérance pieuse dans le Seigneur communiquée à ceux qui prient par la grande ecténie, la Sainte Eglise utilise les psaumes 102 et 145 du prophète David dans lesquels sont dépeints sous des traits artistiques et poétiques les bienfaits du Seigneur envers le peuple hébreu. Par la bouche et les mots du saint prophète David, l'Eglise invite le cœur du chrétien à bénir le Seigneur (mon âme bénis le Seigneur...) qui purifie et guérit nos faiblesses spirituelles et physiques, qui accomplit nos désirs bons et utiles, qui délivre notre vie de la corruption, qui a montré la voie aux fils hébreux au moment de leur sortie d'Egypte. Dans ces psaumes le Seigneur est appelé "généreux, miséricordieux, longanime et plein de miséricorde.".. "gardant la vérité dans les siècles, rendant justice aux opprimés, donnant la nourriture aux affamés, aimant les justes, accueillant les orphelins et les veuves, et détruisant la voie des pécheurs".
Comme ces deux psaumes décrivent les genres de bienfaits accordés par Dieu au genre humain, voilà en partie la raison pour laquelle ils sont appelés "typiques" et dans la mesure où ils sont chantés alternativement sur deux kliros (3), ils sont aussi appelés antiphones. Pour les douze grandes fêtes les antiphones typiques ne sont pas chantés mais à leur place on chante des "versets néotestamentaires" particuliers dans lesquels sont décrits les bienfaits à l'égard du genre humain non pas dans l'Ancien mais dans le Nouveau Testament. A chaque verset des antiphones de fête est ajouté un refrain, selon le caractère de la fête : le jour de la Nativité du Christ le refrain : "Sauve-nous, ô Fils de Dieu, né de la Vierge, nous qui te chantons : alléluia (louez Dieu)". Pour les fêtes de la Mère de Dieu on chante le refrain : "Sauve-nous ô Fils de Dieu, par les prières de la Mère de Dieu, nous qui te chantons : alléluia".
L'Hymne "Fils Unique".
Quelle que soit la liturgie, c'est-à-dire avec le chant des antiphones typiques ou festifs, on leur unit toujours le chant de l'hymne solennel suivant dans lequel est rappelé le principal bienfait du Seigneur envers le peuple : l'envoi sur terre de son Fils unique (Jean 3:16) qui s'est incarné de la très Sainte Mère de Dieu et par Sa mort a vaincu la mort. C'est la célèbre prière :

Fils Unique et Verbe de Dieu, Toi qui es immortel, qui pour nous hommes et pour notre salut daignas T'incarner de la Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, et qui sans changement Te fis homme et fus crucifié, ô Christ Dieu, par la mort ayant anéanti la mort, étant l'Un de la Sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint Esprit, sauve-nous.

Единородный Сыне и Слове Божій, безсмертенъ сый и изволивый спасения нашего ради воплотитися от Святыя Богородицы и Приснодевы Маріи непреложно вочеловечивыйся, рвспныйся же, Христе Боже, смертию смерть поправый, Единъ сый Святыя Троицы, спрославляемый Отцу и Святому Духу, спаси насъ.

La petite ecténie.
Les psaumes typiques et les antiphones sont séparés entre eux par une petite ecténie; et de même une petite ecténie est prononcée après la prière "Fils Unique". Le prêtre, durant chacune de ces petites ecténies, lit des prières pour que le Seigneur accomplisse les demandes utiles de ceux qui sont présents dans le temple.
Par le chant des psaumes typiques et en particulier de l'hymne solennel et majestueux "Fils Unique", le sentiment religieux de ceux qui prient atteint un degré encore plus élevé d'inspiration, se tourne encore d'avantage vers la contemplation de la sagesse et la toute-puissance divine ...
Les béatitudes évangéliques et les tropaires des béatitudes.
Mais la vie vraiment chrétienne ne consiste pas seulement dans des sentiments et des élans indéterminés mais doit s'exprimer dans des actes et des comportements bons (Matt. 8 : 21). C'est pourquoi la Sainte Eglise offre à l'attention de ceux qui prient les béatitudes évangéliques. Là est dépeint aussi l'idéal pratique du vrai chrétien. Il est montré que le chrétien qui demande les miséricordes de Dieu doit lui-même être "humble d'esprit, contri et même affligé par ses péchés, doux, agissant suivant la justice, de cœur pur, miséricordieux envers le prochain et patient dans toutes les épreuves et même prêt à mourir pour le Christ". A la suite du chant des béatitudes évangéliques il convient de chanter des tropaires particuliers, appelés "tropaires des béatitudes" en quantité variable suivant la fête et que l'on appelle, avec les versets évangéliques, "le troisième antiphone" de la liturgie.
La Petite entrée avec l'EvangileLa Petite entrée avec l'Evangile.
Durant la lecture ou le chant des béatitudes évangéliques, les portes royales s'ouvrent, le prêtre prend sur le saint autel l'Evangile, le confie au diacre et sort avec le diacre du sanctuaire. Cette sortie des célébrants avec l'Evangile est appelé "la petite entrée" et représente par elle-même le moment où le Sauveur se manifeste pour prêcher. A présent cette sortie a un caractère purement symbolique, mais dans les premiers temps du christianisme elle était nécessaire. Dans les églises primitives, l'Evangile était gardé non pas dans le sanctuaire sur l'autel, comme maintenant, mais près du sanctuaire, dans une pièce latérale qui s'appelait diakonikon ou dépôt des vasessacrés. Quand venait le temps de lire l'Evangile, les célébrants le transportaient solennellement dans le sanctuaire.
En s'approchant de la porte du nord, le diacre par les mots "prions le Seigneur", invite tous à prier le Seigneur, Qui marche vers nous. Le prêtre lit secrètement une prière avec la demande que le Seigneur fasse que leur entrée soit l'entrée des saints, qu'il daigne envoyer pour un service qui soit digne de Lui Ses anges, et de cette façon qu'il organise ici-même un office céleste. Voilà pourquoi ensuite, bénissant l'entrée, le prêtre dit : "Bénie soit l'entrée de Tes Saints", tandis le diacre élevant l'Evangile, proclame : "Sagesse, debout" (en grec σοφία όρθοί)
Le chant "Venez, adorons".
Les fidèles, regardant l'Evangile comme Jésus Christ Lui-même, s'avançant pour enseigner, s'exclament : "Venez, adorons et prosternons-nous devant le Christ. Sauve-nous ô Fils de Dieu, Toi qui est réssuscité des morts (ou alors "par les prières de la Mère de Dieu", ou alors "Toi qui es admirable dans Tes Saints"), nous qui Te chantons : Alléluia".
Chant des tropaires et kondaks.
Au chant "Venez, adorons" s'ajoute encore le chant du tropaire et du kondak du jour pour illustrer la commémoration en ce jour des saints qui, en accomplissant les commandements du Christ, ont eux-mêmes reçu la béatitude dans les cieux et servent d'exemple pour autrui.
Entrant dans le sanctuaire, le prêtre dans une prière secrète, demande "Au Père Céleste, chanté par les Chérubins et les Séraphins", de recevoir de nous humbles et indignes le chant trois fois saint, de pardonner "nos péchés volontaires et involontaires, de nous sanctifier, de nous donner la force de Le servir sans tache et justement, jusqu'à la fin de notre vie". La fin de cette prière : "car Tu es Saint, ô notre Dieu, et nous Te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours", le prêtre la prononce à haute voix.

Ecphonèse du diacre "Seigneur sauve les hommes pieux".
Quant au diacre, se tenant devant l'icône du Sauveur, il proclame : "Seigneur, sauve les hommes pieux, et écoute-nous". Ensuite, se mettant au milieu des portes royales face au peuple, il proclame : "et aux siècles des siècles", c'est-à-dire qu'il achève l'ecphonèse du prêtre, et à cet instant il désigne de son orarion les fidèles.
Trisagion.
Après cela les fidèles chantent l'hymne Trisagion (4), "Saint Dieu...". La prière Saint Dieu doit maintenant éveiller le sentiment de repentir pour nos propres fautes et notre recours à Dieu pour obtenir Sa pitié. Comment à cet instant ne pas se souvenir des mots du Prophète Isaïe, qui vit le Trône divin, entouré des anges, les premiers à entonner : "Saint, saint, saint, Seigneur Sabbaoth" et qui s'exclama sous l'influence de cette vision : « Malheur à moi, moi qui suis un homme aux lèvres impures et qui vit parmi des gens aux lèvres impures » (Isaïe : VI, 3-5). A la fin du Trisagiona lieu la lecture de l'Epître.
Prokiménon et lecture de l'Epître.
La lecture de l'Epître est précédée des ecphonèses : "Soyons attentif", "Paix à tous", "Sagesse", "Prokiménon" et celui-ci est récité par le lecteur et chanté deux fois et demi par le chœur.
Pendant la lecture de l'Epître, le diacre accomplit l'encensement, qui symbolise la grâce de l'Esprit Saint avec laquelle les Apôtres ont prêché et qu'ils ont communiquée à tous ceux qui écoutaient leur prédication; le prêtre quant à lui est assis sur le siège sacerdotal du lieu haut, comme égal aux Apôtres par la grâce de l'instruction.
Lecture de l'Evangile.
Après la lecture de l'Epître on chante trois fois Alléluia et l'Evangile est lu. Avant et après l'Evangile on chante : "Gloire à Toi, Seigneur, gloire à Toi" en signe de gratitude envers le Seigneur, Qui nous a donné l'enseignement évangélique. Comme les Epîtres des Apôtres, l'Evangile est lu pour expliquer la foi et la morale chrétiennes.
La litanie ardente.
Après l'Evangile suit la litanie ardente puis une prière pour le salut de la Russie, qui remplace la prière pour le Souverain, qu'avait établie le Saint Synode après la fin en martyr du Souverain Empereur Alexandre II. La prière qui la remplace aujourd'hui commence ainsi : "Seigneur Jésus Christ, notre Dieu, agrée cette prière instante de Tes serviteurs indignes ..." (5)
Ecténie pour les défunts et ecténie pour les catéchumènes.
Après la prière pour la Russie suit une triple ecténie pour les défunts, l'ecténie pour les catéchumènes et enfin l'ecténie qui commande aux catéchumènes de quitter le temple. Dans les ecténies pour les catéchumènes, le diacre prie au nom de tout le peuple que le Seigneur illumine les catéchumènes par la parole de la vérité évangélique, les rende dignes du saint baptême et qu'il les unisse à la Sainte Eglise. En même temps que le diacre, le prêtre lit une prière dans laquelle il demande que le Seigneur "qui vit dans les hauteurs" et qui prête attention aux humbles, jette son regard sur Ses serviteurs les catéchumènes, leur accorde "le bain de regénération", c'est-à-dire le saint baptême, le vêtement d'incorruptibilité et les unisse à la Sainte Eglise. Ensuite, comme pour prolonger les pensées de cette prière, le prêtre dit cette ecphonèse :

Afin qu'eux aussi glorifient avec nous Ton Nom tout honorable et magnifique, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
 
Да и тіи съ нами славятъ пречесное и великолепое имя Твое Отца и Сына и Святого Духа, ныне и присно и во веки вековъ.

Sans doute la prière pour les catéchumènes concerne-t-elle aussi les baptisés parce que nous qui sommes baptisés, très souvent nous péchons sans nous repentir, nous ne connaissons pas assez clairement notre propre foi orthodoxe et ne sommes pas présents dans le temple avec la piété nécessaire. A présent aussi peuvent être de rééls catéchumènes ceux qui se préparent au saint baptême, venus d'autres peuples, musulmans ou juifs, peuples aux confins de la Russie et également au Japon et en Chine et dans d'autres pays d'émigration où, non sans succès, avec l'aide de Dieu, les orthodoxes s'emploient à d'héroïques œuvres missionnaires. Nous sommes tenus de prier pour eux parce qu'ils ont besoin de la miséricorde divine.
Ecténie pour le congé des catéchumènes.
A la fin de la prière pour les catéchumènes, le diacre prononce l'ecténie : "tous les catéchumènes sortez, catéchumènes sortez, tous les catéchumènes sortez, pas un des catéchumène, tous les fidèles encore et toujours en paix prions le Seigneur".
Avec ces mots se termine la liturgie des catéchumènes. Les catéchumènes, encore inaptes à participer à l'accomplissement du Mystère sublime, quittent l'église.(...)
Signification symbolique et morale des éléments formant la Liturgie des catéchumènes.
Avant l'ecphonèse initiale de la liturgie, les mots prononcés secrètement par le prêtre : "Gloire à Dieu dans les hauteurs ..." représentent la Gloire chantée à Dieu par les anges lors de la naissance du Sauveur. L'ecphonèse initiale : "Béni soit le règne du Père, du Fils et du Saint Esprit" exprime la louange à Dieu offerte par les hommes pour ce que nous avons abandonné le culte des idoles en apprenant, avec la venue de Jésus Christ, qu'il y a dans le monde un Dieu véritable en trois hypostases, Créateur de tout l'univers. L'ecténie de paix (la grande ecténie) ainsi que la prière du prêtre qui lui correspond signifient que la liturgie n'est pas seulement la commémoration des souffrances du Christ, mais aussi l'intercession pour nos péchés et en même temps elles révèlent le contenu de nos demandes à Dieu. Les antiphones typiques représentent les bienfaits de Dieu envers les hommes dans l'Ancien Testament, incluant l'incarnation attendue du Fils de Dieu, dissimulée aux autres peuples mais pressentie par les aïeux et les prophètes. Les antiphones festifs et l'hymne "Fils Unique" rappellent le bienfait principal de Dieu : l'envoi sur terre de Son Fils unique. Le chant des béatitudes évangéliques rappelle le moment où le Christ a commencé à prêcher et dépeint les qualités de la vie vraiment chrétienne.
La petite entrée montre le moment où le Christ sort pour prêcher et chemine par les villes et les villages de Palestine pour annoncer le Royaume de Dieu et Sa Justice. Le flambeau qui précède l'Evangile représente Jean le Précurseur qui précéda Jésus Christ et fut, suivant les paroles du Sauveur, un flambeau illuminant et brûlant (Jean VI: 35). L'ouverture des Portes Royales indique que le "Saint des Saints", c'est-à-dire le Royaume céleste, est ouvert aux hommes par l'enseignement et les souffrances sur la croix de Jésus Christ, redonnant vie en particulier aux paroles du Sauveur Qu'il prononça au début de Son ministère terrestre : En vérité, ]e vous le dis : désormais vous verrez le ciel ouvert, etc.. (Jean I : 51). Par le chant "Venez adorons" ceux qui prient sont invités à se prosterner devant le Seigneur Qui arrive.
Dans les tropaires sont dépeintes les figures qui ont reçu la béatitude pour avoir accompli les commandements divins et égalements l'événement fêté. Par le chant du Trisagion ceux qui prient se disposent à la repentance et à la conscience de leur état pécheur, ce qui est indispensable pour la progression morale du chrétien. La lecture de l'Epître et de l'Evangile expose en détail la vie de Jésus Christ et Son enseignement sur Dieu et sur notre relation avec Dieu et notre prochain, dont l'ignorance ne permet pas de recevoir le salut. L'encensement entre la lecture de l'Epître et celle de l'Evangile signifie le parfum spirituel répandu sur terre après que le Christ et les Apôtres eurent prêchés. Le prokiménon dépeint le contenu et la puissance de la lecture qui va le suivre. L'ecphonèse prononcée avant la lecture de l'Epître et de l'Evangile - "Paix à tous" - a une signification particulière. Exprimant l'idée selon laquelle le Christ a anéanti par Sa chair l'inimitié et a rendu une les deux, les choses célestes et les choses terrestres (Ephésiens II : 14), cette ecphonèse correspond aux mots de la troisième demande de la grande ecténie : "Pour la paix du monde et l'union de tous".
Dans la litanie ardente, comme dans la grande ecténie, sont énumérées nos demandes au Seigneur. Dans la prière pour le Souverain, la Sainte Eglise prie pour le Souverain en tant que l'Oint de Dieu, afin que le Souverain accomplisse son office royal pour la gloire de Dieu et le bien de son peuple. Dans l'ecténie et les prières pour les catéchumènes, la Sainte Église invite ceux qui croient déjà en Jésus Christ à prier pour ceux qui ne sont pas baptisés et leur rappelle également que les baptisés par leurs turpitudes peuvent perdre la grâce du salut. Les trois courtes ecténies, avec les prières correspondantes, qui suivent la litanie ardente et précédent l'hymne chérubique, symbolisent l'enseignement du Christ sur terre pendant trois ans.

( A SUIVRE )

Notes :
1) suite du texte publié dans La Voie Orthodoxe n°15, p. 36-40.
2)  Autrefois les cathécumènes et les pénitents se tenaient habituellement dans le vestibule (ou narthex) de l'église.
3) c'est-à -dire par deux chœurs qui se répondent de chaque côté de l'église.
4)  Dans certaines fêtes le Trisagion est remplacé par d'autres hymnes. Par exemple, aux fêtes de Pâque, de la Trinité, de la Nativité et de la Théophanie, le Samedi de Lazare et le Grand Samedi, on chante à la place : "Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ, alléluia ! " Ce chant nous rappelle qu'autrefois on faisait coïncider le baptême des catéchumènes avec ces fêtes. Lors de la fête de l'Exaltation de la Croix et le dimanche de la Vénération de la Croix on chante : "Devant Ta Croix, nous nous prosternons, ô Maître, et ta Sainte Résurrection, nous la chantons !"
5) Pour le texte complet de cette prière, voir La Voie Orthodoxe n°3 p. 60.

Prêtre N. R. Antonoff

Le Temple divin et les offices de l'Eglise, pp.95-103 Храмъ Божій и Церковныя службы,
Saint-Pétersbourg, 1912
Seconde édition, Monastère de la Sainte Trinité, Jordanville, 1983
Traduit du russe par M. de Castelbajac

 

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